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Nouvel agenda qui commence par la semaine où nous partons à Bruxelles. Notre appartement n’est pas encore disponible alors nous en louons un à une certaine Elodie, qui a mis des elfes et des fées un peu partout.

Lundi 3 septembre 2007, Olga et Mia font leur rentrée. Nous allons chercher Mia à l’école Peter Pan et sommes les seuls parents francophones. Les filles sont aussi sur liste d’attente à l’école JJ Michel, juste en face de notre futur appartement. L’ambiance est surexcitée, la ministre de l’éducation est en visite ce jour-là. Nous attendons patiemment en mode « Parisien qui cherche une place en crèche ». Bingo, deux places se libèrent. Nous voici dans la Mecque Saint-gilloise des écoles communales. L’absence de carte scolaire fait que certaines écoles (comme JJ Michel) concentrent les populations les plus favorisées (celles qui ont su inscrire leur enfant dès la première année de crèche) et certaines autres concentrent les populations les plus fragiles (comme Peter Pan). Un mix des deux aurait été idéal.

Jeudi 6, je repars à Paris préparer une exposition aux Salaisons (Romainville) où Laurent Quenehen inaugure un nouvel espace.

Vendredi 7, retour à Bruxelles dans cet appartement à l’ameublement un peu désuet, dessiné ici.

Lundi 10, mercredi 12, je termine une série de dessins pour l’expo de Romainville à partir de vidéos au pied de mon atelier montreuillois.

Vendredi 14 septembre, retour à Paris pour finir les cartons et installer l’expo des Salaisons.

Dimanche 16, Julien et Nadia emménagent dans notre appartement de la rue des Couronnes.

Lundi 17, les « Guépards de l’Europe » sont vraiment pas chers mais ils ont mal évalué nos cartons : le camion est trop petit. Je rempli la voiture et hop, retour à Bruxelles. Nous voici installé au 9 rue de Bordeaux.

Vendredi 21 septembre 2007, après une nuit chez Alain à Bagnolet, je termine in extremis l’accrochage aux Salaisons avant le vernissage. Nous sommes quatre à exposer dans « Le dernier jour de l’été », Denis, Darzacq, Véronique Ellena et Emanuel Licha.

Samedi 22, retour à Bruxelles, premier croquis de l’appartement. Fin du week-end à la terrasse de l’Union.


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Jeudi 13 mars, j’organise un colloque à Amiens sur « arts contemporains et cultures adolescentes », avec Jill Gasparina, Nicolas Thély et Fabien Giraud, avec projection de The Straight Edge. Je dessine Daniel qui lit la communication de Miguel E, cloué chez lui par un mal de dos.

Vendredi, arrivée d’Emma et les filles pour un premier retour à Paris. Nous logeons chez Sarah et Stéphane dont je dessine la cuisine dimanche 16 mars.

Mardi 18 mars 2008, les Tibétains se révoltent en soutiens aux monastères qui protestent depuis plusieurs jours. Certains non-tibétains sont pris à partis et tués, la police réprime dans le sang.

Vendredi 21 mars, j’ai mis du temps à comprendre ce dessin : à gauche de la voiture, il y a une sorte de cabanon qui doit être là pour les travaux de construction d’un prolongement de la maison de Barbâtre (visible samedi 29).

Lundi 24, nous visitons le chalutier de Richard (copain de Ben) qui nous donne plein d’araignées. Je garde en mémoire le porte-bouteille de pastis fixé au-dessus de la table.

Samedi 29 mars, les grands parents d’Emma nous emmènent au restaurant La Marine à L’Herbaudière, déjà gastronomique mais pas encore étoilé. Armande n’est pas en forme, elle a passé une nuit très difficile mais tient à venir quand même déjeuner avec nous. Le lendemain, nous apprenons qu’elle est hospitalisée, elle a fait un infarctus.

Dimanche 6 avril. Je réussi à faire le projet que je n’avais pas pu mettre en place avant mon départ de Paris : filmer une performance dans le cimetière de Montreuil depuis mon atelier qui le surplombe, en collaboration avec la chorégraphe Julie Desprairies. J’ai quitté l’atelier mais Pierre Mabille m’accueille dans le sien. Plusieurs ami·es ont pour mission de parcourir le cimetière en ordre dispersé, puis de choisir une tombe pour s’y recueillir. A un signal (Julie siffle très bien avec ses doigts), chacun·e s’efforce de « danser la tombe » selon quelques indications de Julie, puis quitte le cimetière. La prise de vue est un plan séquence fixe, post sonorisé bien-sûr pour ne pas faire entendre les sifflets.

Vendredi 11 avril, départ à Chypre, avec Françoise et Daniel. Notre vol fait escale à Athènes pour un rapide tour au pied de l’Acropole, une première pour moi.

Samedi 12 avril 2008, la rue Lidras, qui traverse la vieille ville de Nicosie, butait depuis 1974 contre la ligne verte surveillée par les casques bleus. Depuis le jeudi 3 avril, il est possible de traverser le check point pour rejoindre la partie grecque chypriote. Nous nous mêlons à ce moment historique où une foule plutôt joyeuse découvre l’autre partie de la ville.

Dimanche 13 avril, nous partons avec Androula, Yannis et sa mère Emiliana qui nous raconte son histoire et ses souvenirs tout au long du voyage. A l’approche de Varosha, l’ancien quartier grec de Famagouste qu’Emilia et sa famille ont quitté précipitamment en 1974 sous les bombes turques, nous remarquons l’entrée de quelques voitures. Des militaires et leurs familles vont à la plage au milieu de la ville fantôme, qui n’est donc pas totalement vide.

Mardi 15 avril, Berlusconi revient ! Ce jour-là, nous lançons le projet européen avec Yannis dans les bureaux du Centre d’art de Nicosie.

Mercredi 16, nous retournons à Famagusta pour faire le tour de la ville close de Varosha. Un premier contrôle policier nous laisse faire des images. Mais un second contrôle, par l’armée, tourne mal. C’est mon dessin qui pose le plus problème. Nous sommes arrêtés et conduit dans la caserne qui se trouve au cœur de Varosha ! Après 3h tendues, des policiers nous emmènent en ville. Nos images sont effacées, mon dessin est photocopié, puis nous sommes relâchés. Calmés.

Jeudi 17, rendez-vous avec Alexis Ghalanos, le maire en exil de Famagouste.

Vendredi 18 avril, rencontre avec Andreas Pouyiouros, l’ancien maire qui était en fonction en 1974. Je découvre qu’il est mort en 2012.

Dimanche 20, retour en France via Athènes, où nous rencontrons Christina pour lui proposer de travailler pour le projet.

Mercredi 30, je m’étais inscrit à une visite guidée de l’expo Mike Kelley par la commissaire Anne Pontégnie au Wiels. Quelle bonne idée ! Expo historique.

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Mercredi 26 septembre 2007, la junte birmane réprime la révolution de safran, surnommée ainsi à cause de l’implication des bonzes.

Ce jour-là nous faisons notre premier retour à Paris pour fêter l’anniversaire d’Hervé.

J’y reste toute la semaine, en dormant « chez Julien » (donc dans notre ancien appartement) puis chez Éric C dont je dessine le salon dimanche 30.

Samedi 29, je griffonne Forty-One de Douglas Gordon exposé galerie Yvon Lambert, un crâne humain qu’il perce d’une étoile à chacun de ses anniversaires. Galerie Cent 8, juste au-dessus, Mark Lewis présente trois vidéos. Je me souviens d’Isosceles où la caméra tourne autour d’un vieux bâtiment d’angle muré. Je dessine Spadina : Reverse Dolly, Zoom, Nude, dont le titre décrit le programme avec un long zoom qui termine sur une silhouette nue derrière la vitre d’un immeuble.

Lundi 1er octobre, visite de l’exposition du rare David Claerbout au Centre Pompidou avec nos étudiant·es de Master, puis conférence de l’artiste (Vidéo et après).

Samedi 6 octobre, 6e Nuit Blanche, j’installe « L’artiste » (projection sur asticots) dans les boiseries de la Mairie du 4e. Drôle d’expérience, la foule défile, regarde un peu, filme et photographie beaucoup.

Dimanche 7, Pierre m’apprend au téléphone sa séparation d’avec Christine.

Mercredi 10, je dessine Mia et Andrès au « Parc aux canards » (Pierre Paulus).

Samedi 13, je me souviens de l’odeur des boites de pâte à modeler avec laquelle joue ici Olga.

Week-end avec nos seuls amis bruxellois ou presque, Carine et Pierre (Zoé et Ernestine).

Lundi 15 octobre, l’artiste Edouard Levé s’est suicidé, 10 jours après avoir déposé chez son éditeur le tapuscrit de son dernier livre intitulé Suicide.

Nous équipons l’appartement bruxellois avec du mobilier Ikéa dont le montage occupe tout le début de la semaine.

Mercredi 17, Bertrand Cantat sort (déjà) de prison.

Samedi 20 octobre, Mia commence les cours de danse à PARTS.

Samedi 20 et dimanche 21 octobre, Marie-Claude est en visite alors nous en profitons pour faire les touristes : Place du jeu de balle, gaufre, moules-frites, Grand-Place, Manneken Pis !

Lundi 5 mai 2008, il y a eu officiellement 84 000 morts suite au cyclone Nargis en Birmanie. La semaine suivante, lundi 12, je note les 80 000 morts d’un séisme au Sichuan, une région que je connais. Tous ces morts de masse que nous avons oubliés.

Mardi 13 mai 2008, Robert Rauschenberg est mort.

Mercredi 14 mai, concert décevant de The Do aux Nuits Botaniques, surtout après la magie mélancolique de Syd Matters. Mais que devient Syd Matters ?

Dimanche 18 mai, running gag, Carine et Pierre sortent rincer de l’anniversaire d’Ernestine : « plus jamais ». Le soir, la guerre des poux recommence, comme samedi 24 et samedi 31.

Lundi 19 mai, séjour à Paris et petit concentré de culture. L’expo The Anxious réunit des artistes du Moyen-Orient au Centre Pompidou, dont Akram Zaatari et Rabih Mroué que nous rencontrerons plus tard au Liban avec Suspended spaces. Je dessine The Casting d’Omer Fast.

En attendant la soirée Vidéo et Après consacrée à Michel François, nous nous réunissons pour le projet Famagusta (futur Suspended spaces) avec Brent, Françoise, Daniel et Christina qui prend ses marques.

Mardi 20, Valérie Mréjen présente au Jeu de Paume une nouvelle vidéo, Capri, où un couple se déchire sur des dialogues empruntés à des médiocres téléfilms. J’avais oublié que les acteurs sont Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm.

Jeudi 22, mon premier comité de recrutement. Je ne sais pas si c’est Fabien Danési que je dessine ici mais c’est bien lui qui intègrera notre équipe comme maître de conférence en photo.

Dimanche 25, les écolos font la fête sur la place Morichar et les danses folkloriques sont embarrassantes.

Jeudi 29, séance de travail sur mon site internet avec Alain K, sa nouvelle moustache et ses chaussures rose en croco. Nous enchaînons en Vélib un vernissage dans le quartier St Germain (avec une voiture lumineuse retournée de Claude Lévêque chez Vuitton) puis l’expo du Palais de Tokyo où Giraud et Siboni exposent leur Last Manœuvre in the Dark.

Vendredi 30, retour à Bruxelles où nous fêtons avec Marie-Claude sa nomination à Nantes. Adieu Mayotte.

Mercredi 19 décembre 2007, réunion pour le projet Famagusta (futur Suspended spaces), dans le salon tunisien du Train Bleu, c’est chic.

Le lendemain, les étudiant·es votent en AG la poursuite du blocage jusqu’aux vacances. Le soir, de retour à Bruxelles, Emma bosse avec ses copines de fac  Sandrine, Anna et Perrine pendant que je termine les compilations de noël pour Olga et Mia.

Jeudi 27 décembre 2007, l’ancienne première ministre du Pakistan Benazir Bhutto se fait assassiner, probablement par des talibans.

Vendredi 28 à Corrençon, je me souviens précisément de cette première après-midi de ski avec Olga.

Lundi 31 décembre 2007, soirée chez Annick à Grenoble, où Franck et Louise font une démonstration définitive de tecktonik. Au moment du 12e coup de minuit, Mia fond en larmes. Pas si facile le changement de lieu de vie.

Mardi 1er janvier 2008, les parents nous apprennent qu’ils ont eu un accident sans gravité, mais leur voiture est foutue.

Mercredi 2, nous avons prêté notre appartement bruxellois à Daniel’s family qui nous attend avec un bon repas, champagne, foie gras (et risotto).

Samedi 5 janvier, Salomé passe la journée chez nous, son grand père vient de mourir. Je la dessine avec Mia et Olga en train de regarder Chicken Run.

Lundi 7 janvier, Emma est en « blocus » et passe ses soirées à réviser alors je m’échappe seul au cinéma. Et je m’occupe beaucoup des enfants en journée.

Jeudi 10 janvier, les étudiant·es votent le déblocage de la fac mais maintiennent la grève contre la loi Pécresse (LRU).

Vendredi 11, une copine de Mia, Héloïse, passe la journée à la maison. C’est drôle parce que nous étions à Bruxelles cette année au début de l’été et Héloïse, assise à la même terrasse que nous, est venue nous demander si nous la reconnaissions, 17 ans après.

Dimanche 13 janvier, visite de l’exposition Agorafolly qui présente des installations de 27 artistes européens de moins de 35 ans à la Centrale que je découvre. Je dessine le britannique Peter Liversidge et le portugais Rodrigo Oliveira, Olga et Mia dessinent aussi je me souviens.

Mardi 15 janvier, les freins de la voiture semblent des bloquer. Flippant. Le garagiste ne trouvera aucune panne.

Jeudi 17 janvier 2008, les cours reprennent (après plusieurs mois de blocage).

Dimanche 20 janvier, lorsque je récupère Mia, je trouve Pierre et Carine épuisés par l’après-midi d’anniversaire organisée chez eux pour Zoé. Plus jamais 

Mercredi 24, beau lapsus, je note Mia a terminé ses examens. C’est bien Emma qui part fêter ça avec ses copines de l’unif (comme on dit en Belgique) pendant que je garde les filles.

Samedi 26 janvier, nous découvrons à quoi ressemble les fêtes des parents dans l’école JJ Michel, avec repas thaïlandais, musique et fûts de bière ! Olga commence sa carrière de reine de la piste.

Vendredi 1er février, départ vers Grenoble en voiture et à nouveau les freins qui réagissent bizarrement.

Samedi 2 février, croquis de l’appartement (intérieur) de Jean-Paul et Jacotte à Corrençon-en-Vercors, puis croquis (extérieur) jeudi 7, avec ce qu’il reste de nos bonhommes de neige un peu fondu depuis lundi.

Vendredi 8 février, Mia a sa première étoile et perd une dent.

Samedi 9, nous repassons par Grenoble et en profitons pour visiter l’expo Drawing for Human Park d’Adel Abdessemed au Magasin. Au centre de l’espace, une énorme sculpture tressant trois avions grandeur nature. On est loin de la fragilité de la première vidéo performance Chrysalide.

Je dessine une vidéo extraite de l’installation Trust me, où 6 vidéos montrent l’abattage au marteau de 6 animaux attachés, bouc, biche, mouton, porc, bœuf, cheval. C’est difficile à regarder et je me demande encore aujourd’hui ce que j’en pense…

Jeudi 14 février 2008, avec MCP arrivée de Mayotte, nous trinquons au premier semestre d’examens réussi par Emma.

Samedi 16 février, visite de l’impressionnante rétrospective de Paul McCarthy au SMAK de Gand. Une salle de projection montre les premières performances de l’artiste, si délicieusement malaisantes.

Dimanche 17 février, des voitures tournent dans le quartier St Gilles tous drapeaux et klaxons dehors : le Kosovo vient de proclamer son indépendance.

Mardi 19 février 2008, Fidel Castro annonce son retrait du pouvoir après 49 ans, laissant le trône libre à son frère Raul.

Mercredi 20, en arrivant rue des Couronnes pour récupérer mon vélo et quelques cartons, je vois un tas d’objets carbonisé au pied de la tour et une forte odeur de brûlé. Un appartement du 17e étage a pris feu.

Visite de l’exposition rétrospective de la vidéaste Eija-Liisa Ahtila au Jeu de Paume. Je me souviens de l’installation vidéo complexe Where is where ? mais c’est la vidéo Fishermen - Études n°1 que je dessine ; où un bateau de pêcheurs béninois lutte contre les vagues.

Le soir, nous nous réunissons avec Françoise, Daniel et Androula, pour travailler sur le projet Famagusta (futur Suspended spaces). Et je découvre l’usage du Velib’.

Vendredi 22, après deux courtes nuits chez Alain K, la route d’Amiens à Bruxelles est difficile.

Dimanche 24, mécontent, je note que Raphaël Zarka annule sa participation au colloque Art contemporain et cultures adolescentes que je suis en train d’organiser. J’avais oublié.

Lundi 25, Emma sort bouleversée de La graine et le mulet.

Dimanche 2 février 2008, Dimitri Medvedev, marionnette de Poutine, devient président de Russie puisque son mentor a déjà fait 2 mandats.

Samedi 8 mars, Alain, Pauline, Matthieu & Pascale’s Family viennent nous voir à Bruxelles. En sortant de soirée, nous sommes interpelés par un jeune gars qui nous invite à rejoindre sa fête d’anniversaire chez lui. Sympa ! Dedans, l’ambiance est un peu glauque. Un des invités nous dit assez rapidement que nous sommes chez des connards racistes… Gloup.

Lundi 2 juin, Pierre C m’entraîne au football en salle, qui termine dans la bière au Verschueren (avec un ongle retourné). Lendemain difficile.

Mercredi 4 juin 2008, Barack Obama gagne les primaires démocrates face à Hillary Clinton. Le monde d’avant.

Lundi 9 juin, c’est l’anniversaire d’Emma mais elle bosse intensivement ses examens. La période est globalement très chargée pour Emma, ça se voit aussi au temps que je passe avec les filles. Le soir, plutôt que retourner jouer en salle, Pierre C m’entraine à regarder du foot dans son salon, puis boire des coups au Veschueren. Lundi, c’est Verschu.

Mardi 10 juin, Franck V soutien la lutte d’un couple d’employés du Marché Saint-Pierre, Philippe et Hélène Magdelonnette injustement licenciés. Ils ont manifesté chaque jour devant le magasin pendant 3 ans. Franck me demande un dessin pour un tract. Je ne sais plus ce que j’ai fait, ça m’amuserait de le revoir.

Mardi 17 juin, devais-je être fier de ces moches chaussures pour les avoir dessinées ici ?

Mercredi 18 juin, Emma a 19/20 en socio mais 7 en statistiques.

Vendredi 20 juin, l’ambiance est électrique dans notre réunion à la fac, je ne sais plus pourquoi.

Mardi 24, journée de travail sur le projet Famagusta.

Mercredi 25 juin, retour à Bruxelles (en car !). Emma valide son année de Licence 1 et échappe aux rattrapages du mois d’août, et ça c’est chouette.

Dimanche 29 juin, l’expo This is not only rock’n’roll baby ! présente à Bozar des œuvres d’artistes musiciens qui avaient commencé dans les arts visuels (commissariée par Jérôme Sans). Bon, souvent on comprend pourquoi c’est dans la musique qu’elles et ils ont percé… J’ai peu de souvenir sinon qu’il y avait une valise pédagogique très bien foutue pour les enfants.

Mercredi 2 juillet 2008, nous partons à Mayotte en famille. C’était avant le référendum qui en fera un département français et marquera le début d’une crise qui a radicalement transformé l’île. En 2008, Mayotte avait bizarrement encore un certain parfum de paradis, pas seulement depuis le regard d’un touriste blanc, enfin je ne crois pas. Les Français ne sont que de passage, les Mahorais·es le savent : ils sont chez elles·eux. Il y a bien quelques comportements coloniaux détestables (les profs sont particulièrement mal aimés), une asymétrie économique, un tourisme sexuel dégueulasse à Madagascar, un nombre de plus en plus important de clandestins comoriens. Mais pas vraiment de tension. Les Anjouanais font les petits boulots et sont mêlés à la population (même les bidonvilles ne sont pas isolés du reste des habitations). Des associations défendent les migrants qui arrivent chaque jour en kwassa kwassa quand elles et ils ne meurent pas en mer. Il y a une inquiétude qui monte, elle est sensible, mais encore très sourde.

Les croquis qui suivent ne disent évidemment rien de la situation économique et sociale, mais témoignent du fait qu’il était possible de passer la journée sur n’importe quelle plage de l’île (Longoni, Sakouli, Tanaraki, N Gouja, Saziley, Musical Plage, Hamuago, Sohoa) et y partager le voulé (barbecue) avec les ami·es maorais·es de Marie-Claude (samedi 5 juillet), fêter le bac de la fille de Sitina (samedi 26), vivre dans une maison non surveillée à Passamainti, randonner seuls sur le Mont Choungui (mardi 15), bivouaquer sur la plage de Boueni pour observer la ponte des tortues (jeudi 24). Tout ça est aujourd’hui impossible, il est conseillé de ne pas se rendre sur les plages après 16h, la violence est partout, les maisons sont barricadées.

Et sinon le 22 juillet, le criminel de guerre Radovan Karadžić est arrêté. Le chef des Serbes de Bosnie, responsable du massacre de Srebrenica porte une barbe blanche et des longs cheveux noués, il était devenu spécialiste de médecines alternatives. Condamné pour génocide mais homéopathe.

Agendas # 17 - 2007/2008

Jeudi 22 novembre 2007, les étudiant·es protestent à juste titre contre la loi LRU (ou loi Pécresse) adoptée dans l’été, qui instaure une autonomie financière des Universités. On voit en ce moment ses effets désastreux.

La fac est bloquée mais je maintiens une rencontre au Safran avec l’ami Emmanuel Rivière qui présente une expo, puis je passe la soirée avec lui. Du spectacle Nightshade de Pol Heyvaert et Dirk Pauwels à la Maison de la culture, je me souviens surtout de la dernière séquence par Wim Vandekeybus, où Sarah Moone Howe parle longuement de sa condition de femme de ménage avant de se métamorphoser en streapteaseuse rock’n roll. Je dessine aussi le tour de passe-passe d’Alain Platel qui projette sur le rideau de scène un gros plan difficilement identifiable d’un sexe qui entre en érection tout au long de la durée de l’effeuillage. Ensuite, Manu m’héberge dans l’appartement (glauque) prêté par le Safran.

Dimanche 25 novembre 2007, des policiers percutent une moto cross à Villiers-Le-Bel et tuent Moushin Sehhouli et Laramy Samoura (15 et et 16 ans) ce qui déclenche plusieurs jours d’émeutes.

Mardi 27, expo Playback sur le rapport entre art contemporain et clip vidéo, commissariée par Anne Dressen. Le soir, Christophe et Cécile essayent une technique de résistance chronométrée mais Pekka ne veuuut pas dormir.

Mercredi 28, mort de Fred Chichin !

Jeudi 29, vernissage de l’expo 6 Picoles cycliques dans des locaux de la gare de Vaise en résonnance avec la Biennale de Lyon que je visite le 30 et le 2 décembre. Je dessine une performance de strip-tease par Tino Seghal et « La Double Paroi, un hommage à Michel Lotito » de Giraud et Siboni, un avion Cessna 150 découpé en morceaux de 3 cm puis recollés, rejouant le geste de Monsieur Mangetout qui a mangé un avion de ce type entre 1978 et 1980.

Jeudi 6 décembre, le lendemain de l’anniversaire d’Olga, je retrouve nos étudiant.e.s à Lille pour une journée d’expos. Je dessine The Straigh Edge de Fabien Giraud, vu au Fresnoy.

Jeudi 13 décembre, il semble que j’annonce à Eric C que Pierre s’est mis en couple avec ma sœur. Ta sœur !!??

Lundi 28 juillet 2008, dernière plage à Mayotte. Isham a enfin vu des tortues !

Vendredi 1er août, les grands cyprès ont été coupés à Noirmoutier, j’en dessine les souches et une branche conservée pour porter une balançoire. Sur le dessin du dimanche 17 août, de branche il n’y a plus.

Jeudi 7 août, dans ce dessin du jardin en double page, on dirait qu’il manque quelque chose. C’est que le pin qui domine aujourd’hui le centre de l’espace apparaît ici comme un petit arbuste à peine visible à côté de la tente.

Pïerre arrive avec Noé, Lilia et Anouk, pour leurs premières vacances avec nous en « famille recomposée »?

Samedi 9 août 2008, la Russie bombarde la Géorgie après une attaque des troupes de Saakachvili contre les séparatistes pro-russes d’Ossétie du Sud.

Ce jour-là, nous allons voir les grands Sonic Youth au Festival Les Escales de Saint-Nazaire. Cette programmation, étonnante dans ce festival, est liée à l’exposition un peu trop fétichiste Sonic Youth  etc.: Sensational Fix qui occupe la base sous-marine. Nous y emmenons JP Nataf qui était à Noirmoutier cette semaine-là et constatons ensemble à quel point Thurston Moore a conservé sa dégaine d’adolescent alors qu’il a tout juste 50 ans.

Lundi 18, Tom, Marie et Bazile arrivent à Barbâtre avec leur BX.

Mardi 19, quel est ce « tas » que nous terminons péniblement avec Ben ??

Mercredi 20, nous découvrons la longère de la famille de François à la Cronière, sur le continent, juste de l’autre côté du Gois.

Vendredi 22, Emma reste à Noirmoutier et je pars avec les filles, chez Seb et Fabienne à Clermont-Ferrand, puis Pomeys chez mes parents.

Vendredi 24, moche dessin d’Eric C, probablement réalisé alcoolisé, pour notre première soirée au gîte de Mondalazac, point de départ de notre traditionnelle randonnée cycliste.

Sur la couverture de l’agenda, j’ai collé une photo découpée dans une poster distribué à la biennale de Lyon, du duo FLAG (Bastien Aubry & Dimitri Broquard), The Ray of Love (Broadcast poster#2).

La routine s’installe à Bruxelles. Je récupère Olga après la cantine pour qu’elle puisse faire la sieste à l’appart ce qui me permet de travailler. Sauf quand elle ne veut pas dormir (vendredi 2, vendredi 9, lundi 12 novembre).

Jeudi 25 octobre 2007. Quand nous avons décidé de vivre à Bruxelles, je pensais qu’aller travailler à Amiens serait sensiblement pareil que depuis Paris. Mais ce n’est pas le cas, aucun train ne permet d’arriver à temps pour mes cours. Je prends donc la voiture et découvre les joies des retours nocturnes après 8h de cours dans des conditions météos capricieuses (8 novembre).

Dimanche 28 octobre, nous recevons pour la première fois la famille pour les vacances.

Lundi 29, semaine typiquement bruxelloise, avec pluie, friterie, Atomium, bière à l’Union, Musée de la BD, carbonade. Petit croquis de Léonie, Olga et Mia. Pendant ce temps, Emma va en cours à l’ULB.

Dimanche 4 novembre, je ne l’ai pas noté, mais une des installations de Yayoi Kusama pour cette expo au Wiels était composée de multiples miroirs qui reflétaient ses sculptures à l’infini. Je m’en souviens parce que Mia, qui courrait enthousiaste dans la salle, a percuté violemment l’un d’eux se faisant une méchante bosse sur le front.

Mardi 6 novembre, autre pratique locale moins agréable, la petite fenêtre avant de la voiture de mes parents a été fracturée. Il et elle constatent étonné·es que les voleurs ont fouillé la boîte à gants mais pas volé la boîte de chocolats belge qui s’y trouvait.

Samedi 17 novembre, fantastique concert des Two Gallants dans la salle de l’Orangerie au Botanique.